3ème Sortie du groupement le vendredi 16 septembre 2022 : LE FORT DE CHILLON

Nous sommes entrés dans l’univers secret de la vie souterraine des soldats suisses de 1940 à 1995 ! Nous avons découvert le système de défense de l’armée suisse, connu sous le nom de « Réduit national ». Et nous avons parcouru les différents lieux exposés : les canons, les mitrailleuses, la cuisine, l’hôpital, le poste de commandement, le quartier de vie des soldats, la salle des machines, le magasin à munitions.
Nous nous sommes alors offert une ration de survie et sommes devenus des soldats en une heure !

2ème SORTIE du groupement le vendredi 1.10.2021 : Musée suisse de l’orgue à Roche, Vaud et l’Abbaye de Saint-Maurice, Valais

Le Musée suisse de l’orgue à Roche /Vaud
Un monument unique en son genre

Le bâtiment du Musée – la Grange-Relais – faisait partie d’un ancien relais routier édifié au XIème siècle par les chanoines augustins du Grand-Saint-Bernard sur la plus ancienne route romaine de Suisse qu’empruntaient les pèlerins au départ de Roche par la Bâtiaz près de Martigny, Orsières, Bourg-Saint-Pierre pour arriver au col du Grand-Saint-Bernard, accueillis par les chanoines et leurs fameux chiens. En hiver, les chevaux redescendaient au relais central de Roche qui comprenait (en 1177) plusieurs édifices dont l’église Saint-Jacques, une maison forte, un hôpital et le « Relais des pèlerins ». Ce dernier vestige devenu, au 18ème siècle, une grange à fourrages ainsi qu’une vaste écurie a bien failli subir, comme les autres immeubles disparus, la démolition. En 1970, la ruine, achetée par la Commune, ne dut sa survie qu’à une indisponibilité de l’armée suisse qui manquait de dynamite pour la faire sauter…

Aujourd’hui, classée monument historique, cette Grange-Relais est l’une des plus anciennes de son genre en Suisse. Donné par la Commune de Roche à la Fondation du Musée suisse de l’orgue, cet immeuble a permis de devenir le domaine de l’instrument Roi, Musée dont la destinée débuta modestement dans une grange similaire à Essertes (Haute-Broye vaudoise).

L’orgue, instrument musical et architectural n’échappe pas à une élimination au cours des âges. En Suisse romande, seuls quelques vestiges furent sauvegardés, initialement à Essertes dès 1969, point de départ du seul Musée en Suisse consacré à l’histoire et à la technique de l’instrument Roi. On en trouve deux en Allemagne et un en Hollande. D’autres seraient en gestation.

Au départ de cette aventure on trouve en 1947, un passionné Monsieur
Jean-Jacques GRAMM de Lausanne qui se sent appelé à faire connaître au grand public le fruit de ses recherches autour de l’instrument dont il avait retrouvé divers vestiges en des lieux très inattendus, dont des « décharges » où l’on jetait sans remords restes ou documents de grande valeur.

Le fondateur du Musée s’entoura par quelques amis qui constituèrent en 1974, le premier comité de l’Association des Amis. Une assise encore plus solide fut la création en 1979 de la Fondation du Musée suisse de l’orgue, fondation privée. Le conservateur réside à Roche dans l’immeuble du Musée et le secrétariat est assuré à Pully, Vaud.

Ce n’est qu’au 9ème siècle, sous la pression des moines d’Orient, que l’orgue (libertin, profane, coquin…) entra à l’église avec les réticences que l’on peut imaginer !… Il connut sa dernière popularité dans les salles obscures à la fin du 20ème siècle.

C’est ainsi qu’un soin tout particulier a été apporté à l’aspect didactique de l’exposition qui s’étend des ancêtres de l’orgue (flûte de pan, sho japonais, cornemuse) et s’arrête à l’invention de la « machine orgue » réalisée deux siècles et demi avant l’ère chrétienne par le mécanicien grec Ktésibios à Alexandrie. De multiples exemples détaillent les différentes composantes de l’orgue, telles que nous les connaissant, avec tuyaux sonores, clavier, mécanisme et soufflerie.

Une commission travaille actuellement à un concept global d’exploitation complémentaire des bâtiments ce qui permet de rêver de secrétariat, locaux d’exposition, salle de conférences et de concert.

Le Musée est ouvert sur rendez-vous du 1er mai au 31 octobre tous les jours sauf le dimanche matin et le lundi.
Le samedi visite guidée individuelle sans rendez-vous.
Horaire des visites guidées. Départ à 10h 15, 14h 15 et 15h 45 (durée 1h15)
Réservations par éléphone : 021 960 46 57 – fax : 021 960 46 58
Internet : www.orgue.ch / e-mail : secrétariat@orgue.ch

_____________________________________________________________________

L’Abbaye de Saint-Maurice est une abbaye territoriale située dans le canton du Valais en Suisse. Elle a été fondée en 515 par le roi burgonde Saint Sigismond à l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien abritant les reliques de Maurice d’Agaune, martyr de la légion thébaine au IIIe siècle, érigé par Théodore d’Octodure (fin du IVe siècle), premier évêque connu du Valais. Cette fondation en fait le plus ancien établissement monastique d’Occident chrétien toujours en activité, ayant été occupé en permanence. Situé sur la Via Francigena, voie de pèlerinage qui mène au tombeau de Saint Pierre à Rome, l’abbaye fait partie des plus importants monastères créés au nord des Alpes durant le haut Moyen Âge.

L’abbaye a joué un rôle majeur dans l’histoire régionale plus loin en Occident. Le premier roi de Bourgogne transjurane, Rodolphe, y fut couronné.

Originellement et jusqu’au IXe siècle, c’est la laus perennis qui s’appliquait. Les moines furent alors remplacés par des chanoines qui adoptèrent la règle de Saint Augustin en 1128. C’est, depuis cette date, la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Maurice d’Agaune qui est en place dans l’abbaye.

Sommaire

En raison de l’importance prise par l’établissement religieux établi en 515 en ce lieu, celui-ci a pris progressivement le nom de Saint-Maurice (première attestation en 1003).

Selon d’autres sources, la localité se serait nommée à l’origine Tarnade, nom d’un château proche dit Castrum Tauredunense par Marius d’Avenches (qui vécut au VIe siècle). Cet édifice aurait été enseveli par l’éboulement du Mont Taurus en 562 ou 563. En 385 elle prend le nom d’Agaune sur la décision de saint Ambroise lorsqu’il passe par cette localité située sur le trajet de son voyage à Trèves, Agôn désignant la victime que les empereurs immolaient avant d’entreprendre une expédition, à l’exemple de Saint Jérome qui parle d’« agones martyrum » pour désigner les combats des martyrs.

1.1. Le temple romain d’Hygie
L’emplacement de l’abbaye fut un lieu consacré dès au moins l’époque romaine. Un autel romain dédié aux nymphes y a été retrouvé à côté de la source elle aussi consacrée aux nymphes. La tradition locale raconte que l’ancienne chapelle de saint Jean l’Évangéliste, qui deviendra l’église de Maurice d’Agaune, était bâtie sur un ancien temple dédié à la déesse Hygie. Toujours est-il que ce lieu sacré restera interdit d’habitations civiles jusqu’au XIe siècle (« Ut de loco quem morte Theboei martyres et effusione sanguinis… ornaverant, promiscui vulgi habitatio commista tolleretur… Igitur visum est ut remotis familiis secularibus… ») ; à cette époque le bourg de Saint-Maurice (« burgum sancti Mauritii ») et l’hôpital Saint-Jacques (« Dedit Sancto Mauritio ad hospital ») se développèrent dans un enclos fermé de murailles séparé du monastère par des terrains cultivés comme il est décrit dans des chartes de 1003 et 1046 (« Casale unum in burgo Sancti Mauritii » pour l’un, « mansum unum in Agauno loco in plano » pour l’autre). La réunion du bourg et du monastère ne débute qu’à partir de 1018, avec les restitutions de Rodolphe III, pour être définitive en 1163 lors de l’acquisition par l’abbaye de tous les droits ecclésiastiques des évêques de Sion.

1.2. La légende du massacre de la légion thébaine
La légende5 situe entre 285 et 306 le massacre de la légion thébaine et de ses officiers, tous chrétiens, ordonné par Maximien, empereur romain, au motif qu’ils avaient refusé d’exterminer des chrétiens. Cette légende est relatée en premier lieu dans l’histoire de Victor de Marseille écrite à la fin du IVe siècle, puis reprise par saint Eucher, évêque de Lyon vers 435, qui la raconte à l’évêque de Sion Salvius, elle est contée dans l’ouvrage relatant la vie de Romain de Condat et enfin elle est reprise dans l’homélie que saint Avit prononce en 515 à l’occasion de l’inauguration de l’abbaye. Selon Amédée Thierry (Histoire de la Gaule sous la domination romaine) cette légion pourrait avoir été formée avec plusieurs corps des armées d’Orient sans emploi et entre autres la XXIIe légion, il signale que cette légion nommée « Heureuse » était cantonnée à Thèbes avant d’être transférée à Jérusalem, que trois de ses principaux officiers étaient Mauricius, Exupérius et Candidus, convertis par l’évêque Hyménée, et qu’arrivés à Rome ils s’engagèrent auprès du pape Caïus à ne pas persécuter les chrétiens ; pour Ch. Robert il s’agit de la « Ire Maximiana Thebæorum » et de la « IIIe Diocletiana Thebæorum ». Ces deux légions sont la création de Maximien et Dioclétien lors de leurs campagnes en Afrique du Nord, en effet après avoir soumis les villes de Coptos et de Bousiris, en Égypte ils incorporèrent leurs jeunes hommes dans trois légions : la « Ire Jovia Fœlix Thebæorum », la « Ire Maximiana Thebæorum » et la « IIIe Diocletiana Thebæorum ». C’est Théodore d’Octodure (dit aussi Théodule), premier évêque du Valais à la fin du IVe siècle siégeant à Martigny anciennement Octodurus, qui créa le premier sanctuaire chrétien en 381 en y transférant les restes des martyrs dans une chapelle attribuée à Maurice et ses compagnons massacrés. Ce sanctuaire a été agrandi au IVe siècle.

Vers la fin du Ve siècle une église existe donc déjà sur le site et Saint Severin (430-507), parle même d’un monastère dont il fut l’un des premiers abbés.

1.3.L’édification par Saint Sigismond
Au début du VIe siècle Sigismond, fils de Gondebaud, roi burgonde qui l’initie au pouvoir et le fait reconnaître comme son successeur à une assemblée tenue près de Genève, abjure l’arianisme pour se convertir au catholicisme entre 502 et 506 sous l’influence d’Avit, évêque de Vienne, et entreprend de construire à Agaune, ou Saint-Maurice en Valais du diocèse de Sion, une église. Alors que son père Gondebaud restait fidèle à l’arianisme, Sigismond embrasse l’orthodoxie catholique (pas de distinction à l’époque) et fait de l’abbaye, dès son accession au trône en 516, un lieu de pèlerinage pour son peuple qui a dû le suivre dans sa foi. Sa position sur la route du col du Grand-Saint-Bernard qu’empruntent les pèlerins de Rome ou les commerçants voyageant entre l’Europe du Nord et l’Italie renforcent son attractivité et son prestige. La première basilique, orientée estouest, au pied du rocher, date de cette époque, ainsi que le baptistère, permettant de procéder selon le rite de l’immersion partielle, qui peut être encore visité. Avant de monter sur le trône burgonde il consulte les évêques et les comtes de son royaume assemblés à Agaune, il y a là les évêques Viventiolus, Maximus, Victor et les comtes Videmarus, Fredebundus, Gondeulfus, Benedictus, Agano, Bonefacius, Teudemundus et Fredeboldus. Le roi ouvre la séance en demandant conseil pour le salut de son âme et pour l’exécution de ses projets favorisant la prospérité de son royaume. Les participants en viennent à proposer de construire une basilique où ensevelir les corps des martyrs connus qui sont Maurice, Exupère, Candide et Victor (bien qu’il semble avoir échappé au massacre) ainsi qu’une crypte pour les autres corps ; il propose également de constituer une garde, d’établir une psalmodie perpétuelle (des chœurs de moines s’y relayaient jour et nuit afin d’assurer une prière continue) et d’instituer pour abbé Hymnemond venu pour cela du monastère de Grigny. Il réunit aux moines préexistants des religieux venant de « Granensis » (Grigny), d’« Insolana » (île Barbe) et de « Jurensis » (Condat). Le 22 septembre 515 elle est inaugurée en présence d’un grand nombre d’évêques, de comtes et de grands seigneurs (parmi lesquels se trouve saint Viventiole de Lyon, Maxime de Genève, Théodore de Sion et Victor de Grenoble), l’assemblée devait durer seize jours afin de finaliser le règlement du monastère.

Sigismond, devenu veuf, se remarie à Constance (qui serait la servante de sa défunte épouse), celle-ci lui donne deux fils Gistald et Gondebald. Le premier fils de Sigismond, Ségéric, après une violente dispute avec sa belle-mère et celle-ci craignant pour l’avenir de ses propres enfants, trouvera la mort par la propre main de son père. Pris de remords le monarque part s’enfermer au monastère d’Agaune pour expier son meurtre. Plus tard, pris et livré avec son épouse et ses deux fils à Clodomir, roi des Francs, ils sont décapités et jetés dans un puits à Saint-Sigismond du Loiret.

Dès le VIe siècle, l’abbaye entretient 500 religieux divisés en cinq « bandes » se succédant pour la psalmodie perpétuelle, ces « bandes » se nommant « Lérins », « Grigny », « l’Isle-Barbe », « Jura » et « Domni Probi » (cette dernière est formée par les anciens moines d’Agaune3). Durant les trois siècles suivants, le monastère vit une période faste et 32 abbés se succédèrent à sa tête. Sigismond va la doter de biens considérables afin de permettre aux religieux de se consacrer à leur psalmodie, il lui donna des biens dans ses territoires de Lyon, de Vienne, de Grenoble, de Genève, de Vaud, de Besançon et d’Aoste ; en Valais, elle reçut Sierre, Loèche, Conthey, Bramois, Ollon, Vouvry, Autan, Salvan et Autanelle en plus des terres qui s’étendaient à partir du lac de Martigny avec tout ce qui en dépendait en terres, édifices, esclaves, affranchis, habitants, vignes, forêts, champs, prés, pâturages, droit de pêche…

Les premiers siècles de vie de l’abbaye vont lui faire connaître plusieurs grandes catastrophes, en 569 ce sont les Lombards, peuple germanique venu de la mer Baltique, qui envahissent le Valais et incendient l’abbaye ; Gontran, roi de Burgondie, se chargera de la rebâtir. Sous l’Empire carolingien ce sont les Sarrasins qui vont se répandre dans le royaume et se livrer, entre autres, au pillage du monastère. Ainsi l’annaliste Flodoard précise pour l’année 940, que le village du monastère de Saint-Maurice était en la possession des Sarrasins et que ces derniers en profitaient pour attaquer les voyageurs et pèlerins.

Le nombre de moines a peu à peu diminué aux VIIe et VIIIe siècles et ceux-ci deviennent des chanoines séculiers. À la suite d’éboulements, la basilique est reconstruite aux VIIIe et XIe siècles, toujours dans le sens est-ouest.

1.4. Résidence royale sous le régime de la commende
Acte de donation du roi de Bourgogne Rodolphe III à l’abbaye de Saint-Maurice (15 février 1018).

À partir de 825 Louis le Débonnaire, qui avait reçu l’abbaye des mains de son père, la donne en commende à son fils Arnulf ce qui amorce son déclin. Voyant les exactions commises Louis entreprend, sans résultats, d’y placer des chanoines séculiers, qui sont des clercs formant un chapitre de chanoines sous l’autorité d’un prévôt, mais restant propriétaires de leurs biens. Au milieu du IXe siècle, Hucbert, beau-frère de l’empereur Lothaire II, s’empare de l’abbaye. De 864 à 1032, l’abbaye échappe à l’influence de l’évêque de Sion pour devenir un abbatiat laïc.

Tué en 864 dans une bataille à Orbe, Hucbert est remplacé à la tête de l’abbaye par son vainqueur, Conrad, comte d’Auxerre. L’abbaye est dévastée par l’incursion des Sarrasins en 940.

La descendance du comte Conrad, soit les rois de Bourgogne, de Rodolphe Ier à Rodolphe III, dirigent l’institution en tant qu’abbés laïcs jusque vers l’an mille. Ils font de celle-ci une résidence royale et confondent ses biens avec ceux de la couronne. Les conditions vont s’améliorer avec Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, qui décide une restitution complète des biens au monastère6. Le 15 février 1018, à la demande de ses familiers, Rodolphe III, donne ou plutôt rend à l’abbaye de Saint-Maurice les fiscs de Sciez, de Lully, de Commugny, la moitié de Pully, Oron-le-Châtel, la pauté de Vuadens, Bouloz, le plaid de Vevey, Lutry, Vouvry, Ollon, Villy, Naters, quelques droits à Saint-Maurice et l’ensemble des alpages du Chablais. Mais c’est surtout grâce au pape Léon IX qui en 1049 la soustrait à l’évêque de Sion et rend aux religieux l’usage de leurs biens et revenus en leur permettant d’élire entre eux un abbé qui jusqu’alors était choisi parmi les personnages en faveur à la cour qui en permet le renouveau, l’abbaye retourne ainsi entre des mains ecclésiastiques.

Longtemps entre les mains des monarques du royaume de Bourgogne elle échoit à la maison de Savoie en 1033 après la victoire du comte Humbert sur Eudes, neveu de Rodolphe III. En 1128, le comte Amédée III, qui en est l’abbé laïc (11031147), aide à la renaissance de l’abbaye de Saint-Maurice en y installant des chanoines réguliers suivant la règle de Saint Augustin6. Selon la tradition, il finance sa participation à la deuxième croisade en 1147 grâce à un prêt de l’abbaye pour lequel il met en gage les vallées de Bagnes et de Vollèges (la légende dit qu’il s’agit d’une table d’or qui avait été donnée par Charlemagne au monastère)13. L’Avouerie qui est entre les mains de la famille d’Allinge et qui a fait leur fortune passe à la fin du XIIe siècle18 aux comtes de Savoie.

Un important atelier d’orfèvrerie romane semble y avoir été tenu aux XIIe et XIIIe siècles, comme le suggère le démontage du chef-reliquaire de Candide en 1961 pour le restaurer et pour lui remodeler le nez.

La règle de Saint-Augustin n’est plus suivie de manière stricte à Saint-Maurice dès le XIVe siècle. Les biens ne sont plus mis en commun : les différents chanoines (sacristain, chantre, infirmier) s’attribuent des prébendes distinctes. En 1475, l’Abbaye, avec le sud du Bas-Valais, passe en main de la principauté épiscopale de Sion et des dizains valaisans après leur victoire contre les savoyards à la bataille de la Planta.

En 1560 l’abbaye est détruite par un grand incendie suivi, cinquante ans plus tard, d’un énorme éboulement à la suite d’un tremblement de terre. À la suite d’un nouvel éboulement, la basilique doit être reconstruite au milieu du XVIIe siècle, en suivant l’orientation nordsud cette fois-ci et un peu plus éloignée du rocher. Placée sous l’autorité de l’évêque de Sion et de la diète valaisane, l’abbaye a perdu une grande partie de ses biens et de son prestige. En pleine décadence matérielle et spirituelle, l’abbé Pierre IV (Maurice Odet, abbé de 1640 à 1657) supprime le système des prébendes et rétablit la règle augustine, notamment le vœu de pauvreté, permettant à la vie commune de reprendre 10 septembre 1642.

Pour réformer l’abbaye, une brève tentative d’union à la congrégation de Notre-Sauveur (fondée par Pierre Fourier) a lieu entre 1672 et 1675. Saint-Maurice serait devenue le centre de cette congrégation d’origine lorraine, avec qui l’abbaye est en contact depuis 1636. C’est un échec et les chanoines lorrains, perçus comme des étrangers, quittent l’abbaye pour se replier en Lorraine et au Val d’Aoste à la fin du XVIIe siècle.

Le 23 février 1693, un incendie qui se déclare dans les cuisines de l’abbaye détruit presque complètement les bâtiments abbatiaux (à l’exception de la basilique) qui sont définitivement reconstruits à partir de 1706.

L’abbaye échappe en partie au mouvement de sécularisation et de dispersion des religieux initié par la Révolution française en relevant l’ancien collège religieux fondé par la communauté que le gouvernement savoisien avait supprimé en 1560 par suite de la jalousie de la diète valaisienne.

En 1942, un nouvel éboulement détruit à nouveau une partie de l’église et le clocher. Ces bâtiments furent restaurés après la guerre et l’église obtint le titre de basilique mineure en 1948.

En 2013, des fouilles ont été menées sur le site de l’Abbaye de Saint-Maurice par l’archéologue valaisanne Alessandra Antonini5. Le trésor de l’abbaye et les fouilles peuvent être visités.

2. Liste des abbés de Saint-Maurice
Article détaillé : Liste des abbés de Saint-Maurice d’Agaune.

La liste des abbés de Saint-Maurice débute avec Saint Séverin († 511). De la seconde moitié du IXe siècle jusqu’à la première moitié du XIIe siècle, la gouvernance du monastère se trouve entre les mains des laïcs, successivement les Rodolphiens, puis les Humbertiens. À partir de 1128, et la réforme de l’abbaye par l’évêque de Grenoble, Hugues Ier, les abbés dirigent à nouveau les lieux.

3. Organisation
L’abbaye ne fut jamais dépendante d’un diocèse et d’un évêque, car elle bénéficia dès sa fondation de l’immédiateté pontificale, c’est-à-dire qu’elle dépend directement du Pape et de lui seul. Après avoir été un nullius diocesis, elle devient « abbaye territoriale ». Ce qui veut dire que l’abbé de Saint-Maurice exerce sa propre juridiction spirituelle sur sa communauté abbatiale ainsi que sur les paroisses de son territoire.

Congrégation canoniale autonome donc, l’abbaye a compté jusqu’à plus de 120 religieux au cours du XXe siècle. Leur nombre n’a cessé de décroître depuis. En 2013, l’abbaye ne compte plus que 41 religieux, dont 36 chanoines.

Ces derniers sont des prêtres vivant sous la règle de saint Augustin. Tous ne résident pas à l’abbaye ; certains habitent à l’extérieur, dans une paroisse du territoire, dans une paroisse du diocèse de Sion ou alors à l’extérieur pour assumer d’autres charges pastorales. Les chanoines desservent en effet plusieurs paroisses du diocèse de Sion, prêtant main-forte à ce dernier.

Les paroisses du territoire abbatial sont au nombre de cinq :

  • la basilique abbatiale, érigée en paroisse, comprenant l’abbaye, la basilique, le collège, la chapelle de Vérolliez et le home Saint-Jacques (résidence pour personnes âgées) ;
  • la paroisse de Saint-Maurice et Mex, comprenant la chapelle de Notre-Dame-du-Scex ;
  • la paroisse de Vernayaz ;
  • la paroisse de Salvan ;
  • la paroisse de Finhaut.

Ces paroisses regroupent 6 087 catholiques en 2013.

4. Collège
Article détaillé : Lycée-collège de l’Abbaye de Saint-Maurice.
L’abbaye de Saint-Maurice possède un collège ayant un statut d’établissement semi privé car il est propriété des chanoines mais est régi par un concordat de 1806 entre l’abbaye et l’État du Valais. En 1806 en effet, le Valais reconnaît le collège en tant qu’établissement d’utilité publique et participe à son financement. Aujourd’hui encore, les chanoines dirigent l’établissement et deux d’entre eux y enseignent, à savoir le chanoine Ineichen (également recteur) ainsi que le chanoine Salina (également préfet de l’internat).

5. Basilique
Article détaillé : Abbatiale Saint-Maurice d’Agaune.
L’église abbatiale a été reconstruite selon une nouvelle orientation au XVIIe siècle et restaurée par l’architecte Claude Jaccottet après un effondrement en 1942. Église mère du Territoire abbatial, l’abbatiale est élevée au rang de basilique mineure le 30 novembre 1948 par le Pape Pie XII.

6. Le trésor de l’Abbaye

Parmi les nombreuses pièces exposées, il convient de noter quelques éléments exceptionnels :

  • la châsse de l’abbé Nantelme, datant de 1225 ;
  • la châsse des enfants de Saint Sigismond, datant du XIIe siècle ;
  • la grande châsse de Saint Maurice, datant du XIIIe siècle;
  • le reliquaire de la Sainte Épine, offert par Louis IX de France ;
  • le coffret de Teudéric, Mérovingien, datant du VIIe siècle ;
  • le vase dit de Saint-Martin de Sardonyx, qui daterait du Ier siècle et qui est rehaussé d’orfèvrerie carolingienne. Il aurait recueilli selon la légende le sang des martyrs de Thèbes et fait probablement partie des donations du roi Sigismond lors de la fondation de l’abbaye ;
  • l’aiguière dite de Charlemagne, d’époque carolingienne, aux émaux byzantins ;
  • le chef-reliquaire de Saint Candide, datant des environs de 1165.

1ère SORTIE du groupement 27.09.2019 au Musée de Prangins

Inoubliable sortie réunissant trente participant-e-s de Thônex pour visiter l’exposition permanente « Noblesse oblige » en pénétrant dans le quotidien du Baron de Prangins, famille noble du Pays de Vaud au siècle des Lumières, à la fin de l’Ancien régime. D’illustres hôtes, tels que VOLTAIRE et Joseph BONAPARTE y ont séjourné.
Les anciennes salles de réception qui comprennent salon, salles à manger et bibliothèques ont retrouvé leur lustre d’autrefois et forment le décor de l’exposition. Boiseries aux couleurs d’origine, textiles aux motifs chatoyants et décors de faux-marbre servent d’écrin à quelque 600 objets d’époque. Neuf salles déclinent autant de thématiques qui font écho à la fonction des pièces : ainsi parle-t-on de sociabilité, de richesse et d’éclairage au salon, des domestiques dans la chambre du sommelier et du goût de la lecture à la bibliothèque.
L’exposition temporaire « A table ! Que mange la Suisse ? » Montre-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es », cet adage brûle d’actualité à l’heure des réseaux sociaux, immortaliser son plat du jour au vu de tous s’est mû em véritable phénomène de société. Et nous avons goûté des vers et même des criquets !!!
Le jardin potager du 18ème siècle, avec sa production locale, la biodiversité et le patrimoine végétal sont aussi à l’honneur au gré des saisons, le plus grand conservatoire de légumes oubliés et de fruits rares en Suisse.
Sortie agrémentée par un viron au Signal-de-Bougy par un temps superbe.

Merci aux organisateurs et aussi à la photographe Cécile CHEN.

Visites 2018-2019-2020-2021-2022

Visite du Théâtre AM STRAM GRAM  le jeudi 20 octobre 2022 à 14h 30.
Centre international de création et de ressources pour l’enfance et la jeunesse est construit en 1992 sous l’impulsion du Conseiller d’Etat André Chavanne. Lieu qui est devenu une référence internationale dans son domaine. Spectacle de théâtre pour enfant.
Personne référente : Madame Ruth KARLEN.


____________________________________________________________________
Tout sur l’Escalade : visite de l’Arsenal (en réfection au 16, Quai Ansermet) de la Compagnie de 1602.  Provisoirement,  tout le matériel se trouve au sous-sol du parking Uni-Mail.
Cette rencontre a eu lieu le vendredi 7 octobre 2022 à 14h 15.
Présentation menée par Monsieur Daniel VILLA, responsable de l’arsenal et ses 1’000 costumes dont 850 distribués lors du cortège le week-end de décembre.
En mille six cent deux … dans la nuit du 11 au 12 décembre,
Charles Emmanuel, duc de Savoie, dont l’ambition ne connaît pas de limite, fait marcher son armée contre Genève. Il veut prendre la ville par surprise pour en extirper l’hérésie avant de l’élever au rang de capitale de ses Etats en deça des monts. Peu après minuit, l’armée savoyarde, forte de 2’000 hommes bien équipés, est stationnée à Plainpalais. Un groupe important s’en détache, arrive au pied de la muraille, dresse ses échelles et commence à monter sans être découvert. L’invasion de la cité, dans laquelle tout dort, a commencé. Elle sera brusquement interrompue par une ronde sortie du poste de la Monnaie qui surprend les assaillants. Dans la mêlée qui s’en suit, une sentinelle, Jacques Mercier lâche son coup d’arquebuse… l’alarme est donnée ! le tocsin retentit du haut de la cathédrale, bientôt suivi par les cloches de tous les temples de la Ville.
Tirés de leur sommeil, les habitants courent aux armes ! Rapidement c’est le peuple tout entier qui se défend. En bien des lieux, les combats sont acharnés et ponctués de nombreux actes héroïques. Le canon tonne, les Savoyards repoussés s’enfuient à toutes jambes. Au matin, les Genevois qui ont perdu dix-huit des leurs, se rendent dans le temples pour y louer la divine providence qui leur a permis d’échapper à ce grand péril. Catherine Royaume née Cheynel ou Cheynet ou encore Cheney, dite la ,ère Royaume ou Dame Royaume, née ver 1542 à Lyon et morte entre 1603 et 1605 à Genève est une figure historique genevoise. D’après la légende, elle aurait participé héroïquement à l’épisode de l’Escalade avec une marmite plein de soupe aux légumes. et s’en sert pour tuer un Savoyard. D’où la tradition de la marmite en chocolat garnie de légumes de massepains. 
_____________________________________________________________________ Visite de l’exposition aux Berges de Vessy, « Ville et Climat » le
Mardi 14 juin 2022.
Nous avons été accompagnées par un guide.
_____________________________________________________________________

Promenade sur les traces de Jean Jacques ROUSSEAU à Genève,
le jeudi 19 mai 2022.
Nous avons été accompagnés par un spécialiste
Monsieur Rémy Hildebrand, Président du Comité européen et a fait paraître
le livre « Portraits et postures rousseauistes+ (éd. Transversales, 2008).
_____________________________________________________________________
Visite du Domaine viticole des TROIS ETOILES à Peissy le
vendredi 8 avril 2022 à 14h 30
Commentée par Monsieur Dorian PAJIC-Fischer, oenologue passionné.
_____________________________________________________________________
Visite du VILLAGE D’HERMENCE
mercredis 13 et 20 octobre 2021
Avec son église, sa tour et son port.
Accompagnement :
Monsieur Luc REVILLOD
_____________________________________________________________________
Visite du CHÂTEAU DE ROUELBEAU
Date : mercredi 9 juin 2021
Ancienne forteresse dont subsistent quelques vestiges à Meinier.
Accompagnement :
Monsieur Luc REVILLOD
1 heure de marche
____________________________________________________________________
VISITE DE LA FONDATION BODMER
Date
: mercredi 7 octobre 2020 à 14h 15
Adresse : Route Martin-Bodmer 21-23, 1223 COLOGNY
L’exposition permanente retrace au travers d’une riche collection, l’histoire de la civilisation en proposant un parcours chronologique qui couvre quelques cinq mille ans depuis la découverte de l’écriture. Dans cette exposition temporaire, La Fondation présente 47 livres de tailles différentes et dont le plus petit mesure 4,5mm.
Elle est intitulée « Géants et Nains ».
Afin de conserver les pièces dans des conditions optimales, la température constante annuelle est de 18,5 degrés. Alors pensez à prendre des habits chauds et le port du masque est recommandé.

_____________________________________________________________________
Exposition temporaire à la Maison TAVEL
Date : mercredi 29 janvier 2020

Thème : « Pionniers romands de la photographie »
_____________________________________________________________________
L’huilerie Carthagène et le domaine vinicole du Château l’Evêque à Jussy ont été visités le 16.10.2019. Huilerie de Monsieur PINGET, spécialiste de pression d’oléagineux et de graines. Visite du domaine vinicole du Château l’Evêque où Monsieur MEVAUX a présenté la méthode biodynamique.  Cette visite s’est clôturée par la dégustation de vins.
____________________________________________________________________
La dernière sorcière de Jussy
Présentation du Temple de Jussy, déplacement à travers le village en suivant un parcours « sur les terraces de la dernière sorcière de Jussy ».
Date : 23 mai 2019
 guidée par Monsieur Luc Eric  REVILLOD.

_____________________________________________________________________
Les pleurotes
Visite d’un producteur de champignons genevois.
Lieu : Rampe Quidort 4 et Route des Jeune 19 à l’Apaisée
Date :
jeudi 28 mars 2019 Le but est de produire des champignons avec des matériaux locaux de proximité. La visite des tunnels de production sera suivie par une visite de la brasserie artisanale qui fournit le substrat utilisé dans la champignonnière. Possibilité de goûter la bière artisanale.

Extrait de l’article paru dans la Tribune de Genève des samedi-dimanche 1er– 2.12.2018 :

« Michael URBINA, avec son projet Geminoh, soit la culture de pleurotes à partir de drêches bios de la brasserie L’Apaisée a remporté la 3ème place du prix IDDEA 2018 (Idées de Développement Durable pour les Entreprises d’Avenir). Ce système d’économie circulaire implique plusieurs acteurs genevois et permet la production de champignons bios».

Tous les samedis, M. Michael URBINA se trouve au marché de Carouge pour écouler ses récoltes de champignons et les bières artisanales.

_____________________________________________________________________
Visite du Musée ARIANA, le jeudi 8 novembre 2018 à 14h 00.
Le musée ARIANA est logé dans une somptueuse architecture palatiale construite à la fin du XIXe siècle à l’initiative de
Gustave REVILLOD (1817 – 1890), un homme ouvert au monde.
Visite guidée (Mme Laurence LEROY) et commentée de la collection de ce mécène du 2 novembre 2018 au 2 juin 2019 dans le seul musée de Suisse entièrement voué à la céramique et au verre, et l’un des plus importants d’Europe dans sa spécialité. Riche de plus de 25’000 objets, les collections documentent sept siècles de création céramique et verrière, en Suisse et dans le monde.

Grand collectionneur, voyageur infatigable, homme de lettres érudit,  Gustave REVILLOD est né à Genève et est décédé au Caire. Son grand oeuvre est assurément le Musée ARIANA qu’il construit pour abriter ses collections, mais surtout pour les ouvrir à la délectation et à l’éducation de tous.

_____________________________________________________________________
Visite d’une ferme Bio, le mercredi 17 octobre 2018.
La famille STALDER à Vandoeuvres nous a accueillis dans leur ferme « Bio » depuis 2008.Route de Choulex 80, 1253 VANDOEUVRES

Merci à M. Stalder pour toutes ces explications, un agriculteur passionné, à sa femme pour les excellents cake, gâteau, jus de pomme, confitures, huiles, oeufs et j’en passe.

Merci aussi à Ruth Karlen responsable de cet atelier
Pour d’autres renseignements contactez-la :
Ruth KARLEN – Tél : +33 450 36 58 90 –  022 348.04.55 (+ répondeur)

Hodler joue avec le parallélisme

Cent oeuvres pour commémorer le centenaire de la mort d’Hodler, des chiffres qui parlent par eux-mêmes.   Berne1853 – Genève 1918

Le Promeneur à l’orée du bois. Vers 1885. Huile sur toile.

Le Musée Rath aligne donc une centaine de peintures sous le signe du parallélisme. Se promener parmi ces chefs d’œuvre est un vrai bonheur. Sur les murs défilent des tableaux tous plus ou moins familiers ou parfois, divine surprise, découverts pour la première fois. Ils sont unanimement marqués du sceau du parallélisme. Les bûcherons  dans leur ample mouvement du jeté de la hache rejoignent dans le geste les soldats en pleine bataille. Le promeneur solitaire dans la forêt devient le pendant des troncs qui l’entourent.

Le bûcheron. 1910.

Lacs et montagnes se rejoignent dans des lignes géométriquement proches, qui se coupent parfois au carré… Femme allongée et magistral Guillaume Tell debout s’opposent en posture.

Le Lac Léman et le Mont-Blanc.  1918. Huile sur toile
Musée d’art et d’histoire, Genève. Legs Hector et Emilie Hodler-Ruch, 1964
Ancien titre : La Rade de Genève et le Mont-Blanc à l’aube, avec cygnes
Ancien titre : Le Lac Léman et le Mont-Blanc à l’aube. 1918. Huile sur toile.

Les vues du lac Léman, les Alpes ou encore les ruisseaux rocailleux n’ont pas l’air peints par la même main, et pourtant… Le talent de Hodler se décline dans des genres différents qui tous nous ravissent.

Calvin et les professeurs dans la cour du Collège de Genève.
1884. Huile sur toile. (MAH, inv. 1911-111).

Le sous-sol du Rath vous laisse pantois. Tant de merveilles rassemblées dans un  même lieu, c’est une occasion à vous couper le souffle et à ne manquer sous aucun prétexte.

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais il faut pénétrer dans ces salles « hodlériennes » pour comprendre et aimer les oeuvres du maître incomparable des formes et de la couleur.

L’Hôtel-de-Ville

Très belle visite  au siège des autorités politiques

Image internet          La cour intérieur et la porte qui donne sur les salons de réception et de la salle de l’Alabama

L’origine de l’Hôtel de ville remonte au XVe siècle, ensuite il a été développé et transformé pour aboutir à l’édifice que nous connaissons aujourd’hui. Mais ce n’est pas fini, dès cet été, il subira un nouveau lifting afin de mieux correspondre aux besoins actuels.

Situé dans la tour Baudet, la salle du Conseil d’Etat accueille le gouvernement depuis 1488. Sous la fresque, qui orne le pourtour de cette salle, sont présentées les cannes des premiers syndics

Nous avons été reçus dans la cour par Madame Wüst, une guide captivante. Nous avons d’abord pénétré dans le salon bleu, qui jouxte la très célèbre salle de l’Alabama où fut signé l’acte fondateur de la Croix rouge et où s’est tenu le tribunal arbitral, qui a mis fin au conflit entre les Etats-Unis et l’Angleterre, suite à la guerre de Sécession. Conflit envenimé par la participation du bateau anglais Alhambra bourré d’armes. Par la suite, ce lieu a réuni de très nombreuses fois des hommes politiques venus chercher une médiation.

Notre guide présente la salle du Conseil d’Etat aux Seniors de Thônex

A l’étage, nous avons découvert la salle où débattent les conseillers d’Etat autour d’une table ovale.

Juste à côté, nous avons pénétré dans la salle du Grand Conseil, avec ses sièges en gradins et ses tables un peu désuètes. C’est surtout ce lieu qui va être modernisé.

Image internet        Visible depuis la cour intérieure, la rampe est achevée en 1578, aujourd’hui elle dessert les divers services de l’administration.

La visite s’est terminée par la descente de la rampe qui servait au transport des chars de céréales, tirés par des quadrupèdes.

La cave de Genève

La cave de Genève est la première coopérative viticole de Suisse. Etablie à Satigny, elle regroupe 65 vignerons. Ceux-ci sont rémunérés par sondage, c’est-à-dire à la qualité de la grappe. Une saine concurrence règne au sein de la coopérative.

Un alignement de cuves à grande échelle

Le raisin arrive dans le pressoir par une vis tournante où le raisin est éclaté. Puis il macère dans une cuve plus ou moins longtemps: trois semaines pour les rouges, 30 heures pour les rosés.

Tous les trois ans, les fûts sont renouvelés

Puis dans les 700 barriques de chêne français, les crus séjournent 3 ans au maximum. L’âge du fût influence le goût du vin, ce qui débouche sur plusieurs gammes : gamay, pinot, gamaret, garanoir, etc.

La visite se termine par une dégustation

De plus, Philippe Chevrier a conclu un partenariat avec Nicolas Bonnet et les œnologues de la Cave pour arriver à produire des vins exceptionnels, proposés dans plusieurs restaurants.

Que choisir parmi les meilleurs ?

La gamme Trésor se développe en nombreux bouquets: du blanc au rouge en passant par le rosé. Composée de six vins, elle offre toute la diversité de la production genevoise.

Les dessous du Temple de la Madeleine

Bibliothèque de Ge : aquarelle du Temple de la Madeleine, auteur inconnu

Avec l’archéologue cantonal, Michel Terrier, nous avons découvert avec beaucoup d’intérêt les dessous de l’Eglise de la Madeleine. Elle a été édifiée sur  l’emplacement d’un quartier portuaire dont les origines remontent au dernier quart du IIe siècle. Une résidence sera construite sur cette zone à l’époque romaine.

Le mur de l’époque romaine

Les bâtisseurs successifs réutilisent les pierres. ici le pas de porte d’une maison romaine est récupéré pour rehausser un mur plus récent.

A partir de César et la conquête des Gaules, Nyon devient capitale régionale et Genève, capitale commerciale. Vers le IIIe siècle, la surface de la cité sera réduite au sommet de la colline, avec la ville haute enceinte d’un mur fortifié. La ville basse est en contrebas. Ce quartier semble alors ruiné et une zone funéraire se développe sur ce secteur désormais hors les murs. Ce cimetière est entoure d’une clôture contre laquelle est adossé un petit oratoire abritant une tombe vénérée et de précieuses reliques. A la fin du VI siècle Genève explose, les Burgondes y installent leur capitale et Genève est à la tête d’un diocèses important. L’évêque est très puissant, la ville est enfermée dans ses murs autour de la cathédrale. Des églises, dont la Madeleine, s’installent autour, préfigurant les quartiers actuels.

Tombes mérovingiennes

Des tombes sont enfouies sous l’édifice, avec des sarcophages. L’église sera agrandie et devient une petit église paroissiale avec des fonts baptismaux, elle sera dotée du traditionnel choeur carré caractéristique de nos régions. C’est à ce moment que le vocable de la Madeleine apparaît.

L’aménagement d’un cheminement en bois permet aux visiteurs de remonter le temps.

Chocolat : odeurs, saveurs et douceurs

Un matin venteux et pluvieux a rassemblé quelque trente participants à la visite de la fabrique de chocolat Favarger à Versoix. Après un moment d’attente dans le froid et l’humidité, une charmante guide nous a invités à pénétrer dans l’antre de la chocolaterie.

Un des deux groupes prêt pour la visite

Règles sanitaires obligent, nous avons enfilé des tenues dignes d’une salle d’opération. Emballés comme des chirurgiens, nous avons parcouru le bâtiment du haut en bas et dans toute sa largeur.

Fèves, beurre de cacao, sucre et noisettes, tout pour un délicieux chocolat

Très documentée et intéressante, la guide nous  a fait découvrir les diverses phases de la fabrication, depuis la cabosse et ses fèves , jusqu’aux « Avelines », produit phare de la maison.

 

Image Favarger                  Nettoyées, les fèves vont commencer leur transformation

Comme tout est automatisé, notre parcours nous a montré surtout de grosses machines qui râpent, malaxent et concoctent une pâte moelleuse et odorante. Peu d’ouvriers ici, car tout roule sans effort.

Image Favarger
La pâte de chocolat

A la dernière phase, des noisettes, du café, du caramel ou d’autres adjuvants sont ajoutés pour former les délicieux fondants. Enfin, ces pralinés sont conditionnés à la main dans de jolies boîtes enrubannées.

Un passage obligé, la boutique

Cette visite nous ayant mis l’eau à la bouche, nous avons fondu sur la boutique pour acquérir nos chocolats préférés, qui ont complété le petit cornet de douceurs offert par la maison.

« L’effet boomerang »

Retour aux sources aborigènes, les arts aborigènes d’Australie

On voit souvent les aborigènes comme un peuple primitif au faciès troublant. L’exposition du MEG veut corriger cette impression, redonner à ce peuple la place qu’il mérite. A leur arrivée en Australie, les Anglais, Cook en tête, ont débarqué en conquérants et se sont appropriés des espaces habités par les aborigènes, qu’ils ont méprisés.

Les vitrines contiennent un matériel dense reflétant la richesse de la culture aborigène et leur mode de vie de chasseurs-cueilleurs.

Mais ce peuple avait un patrimoine culturel très riche avec des objets utilitaires : boomerangs, lances, et boucliers. Ils avaient aussi une vie sociale insoupçonnée avec des échanges entre communautés au moyen de nacres gravés et de bâtons de messages qui servaient de passeport.

Tortue Merad d’Underdown Cay (Merad Turtle from Underdown Cay) par collectif du Centre d’Art d’Erub Australie, Queensland, détroit de Torres, île Erub Meriam Mer. 2015
Corde en polypropylène sur armature métallique

Plus récemment, les aborigènes ont façonné des animaux marins avec des filets de pêche perdus en mer. Une action écologique et artistique.

Minyma Tjuta (Le Rêve des Sept soeurs) par le Spinifex Women’s Collaborative
Australie-Occidentale, Tjuntjuntjara Pitjanjatjara. 2010 Acrylique sur toile
Musée d’art aborigène australien « La grange », Môtiers

La destruction de leur culture les a amenés à renforcer leur identité et leur créativité. C’est l’effet boomerang. L’art devient revendication et instrument de lutte politique. Que ce soit des peintures sur écorce, sur tissu ou encore corporelles, elles soulignent l’existence des aborigènes et renforcent leur droit d’exister, surtout dans un continent aussi grand que l’Australie. Les autorités ont fini par accepter et à incorporer ces premiers habitants dans la vie sociale et politique.